Appel à la conversion : faire tomber l’idole de la finance

Retranscription d’une prédication donnée le 19 avril 2020 dans le confinement imposé par la crise du Covid-19. Egalement disponible à l’audio à la fin de mes « états d’âme à la suite d’une prédication difficile« .

Je poursuis aujourd’hui avec vous, à voix haute, ma réflexion sur la crise que nous traversons. Parce que je pense que nous devons essayer, même si maladroitement peut-être, de la comprendre. Essayer de comprendre ce que Dieu nous dit à travers elle.

C.S. Lewis, l’auteur des Chroniques de Narnia, dit dans son livre intitulé « Le problème de la souffrance » que l’esprit humain ne prendra même pas la peine d’essayer de soumettre sa volonté versée vers le « moi » tant que les choses paraîtront lui aller bien. L’erreur et le péché ont cette propriété que, plus graves ils sont, moins leur victime suspecte leur existence. Ce sont des maux cachés. La souffrance, en revanche, est un mal découvert et qu’on ne peut pas confondre.

Plus loin, il dit encore : La souffrance n’est pas seulement un mal immédiatement reconnaissable, mais aussi une ignominie impossible à ignorer. Nous pouvons nous reposer satisfait dans nos péchés et nos stupidités […]. Mais la souffrance, en revanche, réclame avec insistance notre attention. Dieu susurre et parle à la conscience par le moyen du plaisir, mais il crie par le moyen de la souffrance : c’est son mégaphone pour réveiller un monde sourd.[1]

Si cette crise sanitaire, qui a confiné chez elle d’une manière ou d’une autre plus de la moitié de la population mondiale, n’est pas un mégaphone pour Dieu, alors je ne sais pas ce qu’elle est. Mais si elle est un mégaphone pour Dieu, alors c’est que nous avons quelque chose à entendre, quelque chose à comprendre, et quelque chose à dire au monde.

Les crises peuvent être prévisibles, auquel cas nous pouvons nous y préparer et les minimiser, voire les éviter. C’est le cas, dans nos vies, des moments de transition comme le départ des enfants du foyer, une mutation entraînant un déménagement, l’arrivée à la retraite…

Et puis d’autres crises ne sont pas prévisibles. Elles nous tombent dessus du jour au lendemain, elles nous surprennent par leur rapidité ou leur ampleur. Il peut s’agir d’un coup dur, mais pas forcément. La rencontre avec le Christ, qui est la plus merveilleuse des expériences vitales, peut aussi aboutir dans un foyer à une crise du couple. L’histoire de Saul, qui deviendra Paul, est magnifique, mais ça n’en est pas moins une crise existentielle énorme dans la vie de Paul. C’est le texte que je vous propose de lire ensemble ce matin.

Texte : Actes 9.1-20

Entendre

Tout va changer dans la vie de Paul. Ceux-là même qu’il poursuivait pour les faire enfermer et mettre à mort vont devenir ses amis, et ceux qui étaient ses amis vont dorénavant se mettre à le persécuter. Ils le feront arrêter, ils le feront battre, ils le mettront en prison et, pour ce que nous en savons par la tradition et par les allusions du livre des Actes, ils le feront finalement mettre à mort.

L’expérience de Paul sur le chemin de Damas est une vraie crise. Une crise brutale. Elle en porte d’ailleurs tous les symptômes. Il va être affecté physiquement, en perdant la vue. Il va être affecté psychiquement, en étant touché dans sa volonté et ses émotions : il ne boira ni ne mangera durant trois jours. Et enfin, bien sûr, il va être affecté spirituellement : il était perdu, le voilà sauvé ! Il a rencontré celui-là même qu’il persécutait, et il a été foudroyé par cette rencontre !

J’ai appris que l’idéogramme chinois qui indique la crise est fait de deux symboles. L’un indique la perte de l’espérance, l’autre celui de l’opportunité. C’est bien vu, je trouve ! Dans la crise, il y a une perte. Perte de repère, perte de ce qui nous faisait tenir debout (Saul est tombé à terre). Le risque est évidemment de rester à terre. Mais toute crise est également une opportunité : celui qui marchait vers de funestes desseins se tourne finalement vers le Christ, entend sa voix, et le sert !

Ce que nous vivons actuellement est une crise. Dans ma dernière prédication, j’ai dit en quoi nous pouvions l’envisager sous l’angle du jugement de Dieu. Et comme tel, j’ai également parlé de l’opportunité de repentance qui nous est offerte et à laquelle nous sommes tous appelés. Tous : les non croyants, mais aussi les croyants. Parce que tous nous avons péché en pliant le genou devant mammon, le démon de l’argent. Et s’il est vrai que le jugement commence par l’Eglise, alors nous devrions être les premiers à changer de voie.

Nous sommes collectivement et individuellement appelés à regarder en face les desseins funestes qui étaient les nôtres alors que nous cheminions avec Saul vers Damas. Dieu nous voit. Nous ne massacrons évidemment pas les chrétiens, mais tous ensembles, à genoux devant mammon, nous saccageons la création par notre avidité et notre refus des limites. Nous ne lapidons pas Etienne, mais tous ensembles, à genoux devant mammon, nous tenons entre nos mains le manteau de pauvreté des pays du tiers-monde et de l’indigent qui couche à notre porte. En privilégiant notre confort matériel à la personne humaine pour laquelle Dieu a donné son fils, nous sommes comme les marchands du Temple. A genoux devant mammon, nous nous sommes attaqués au Saint des Saint, au temple même de Dieu. De cela, et à cause du mode de vie occidental dans lequel nous sommes plongés et que nous avons accepté comme un mode de vie normal, nous sommes tous coupable. Ici, c’est sûr, « il n’y a pas de juste, pas même un seul ».

Alors le Fils, qui s’est sacrifié pour que chacun puisse vivre dans la glorieuse liberté des enfants de Dieu, nous arrête en chemin. Il stoppe notre course infernale. Il nous « fait tomber à terre », parce qu’il ne fallait pas moins pour que nous levions le nez vers le ciel. Et alors que nous sommes là, le nez dans la poussière, voici qu’il fait entendre sa voix : « Pourquoi me persécutes-tu ? ».

La voix du pauvre, la voix de l’innocent qui trime et meurt pour extraire le cobalt nécessaire à nos smartphones, celle du clochard pour qui le confinement n’est qu’un rêve lointain, celle du scientifique qui s’inquiète de la fonte du permafrost à cause du réchauffement climatique, est celle-là même du Christ bafoué. Cette voix, tout le monde l’entend aujourd’hui. Dieu a crié par un virus. Il nous appelle : « Pourquoi me persécutes-tu ? »

Tout le monde entend cette voix. Dans notre texte, Saul l’entend, et ses compagnons aussi. Tout le monde entend cette voix, cette plainte du Seigneur, cet appel à changer de direction, à nous repentir de nos voies mauvaises, à faire tomber l’idole que nous servons par nos achats inutiles et notre mode de vie démesuré. Dieu hurle ! Dieu nous appelle à revenir à lui. Cette voix tout le monde l’entend, et pourtant, un seul est foudroyé. Un seul se rend compte que derrière cette plainte, ce cri du cœur, il y a quelqu’un. Saul ne le connaît pas encore. Pharisien zélé, versé dans la Parole comme personne, il ne connait pourtant pas la voix du Dieu qu’il croit servir : « Qui es-tu, Seigneur ? », demande-t-il. – « Je suis Jésus, celui que toi tu persécutes ». Saul, prénom hébraïque qui veut dire « demandé par Dieu », devient Paul : « le petit, le faible ». Il a chuté de sa sensation de toute-puissance. Comme nous aujourd’hui, avec l’économie arrêtée par un petit virus invisible à l’œil nu. Nous sommes ridicules de présomption et d’orgueil. Dieu a mis Paul à terre, chute bénie qui vient rattraper celle du jardin d’Eden, et qui place Paul à la merci et au service du Dieu vivant. Et nous ? Sommes-nous suffisamment à terre ? Le mégaphone de Dieu est-il assez puissant ou faudra-t-il qu’il frappe un peu plus fort ?

Paul est tombé. Mais les autres ? Les compagnons de route ? Ils se sont arrêtés et sont muets de stupeur. Ils entendent mais ne voient pas. Ils ne comprennent pas ce qui se passe entre Paul et le Créateur du ciel et de la terre. Ils ne comprennent pas d’où vient cette voix. Eux restent « ceux qui voient », ou croient voir. Ils vont prendre Paul par la main pour le mener à Damas.

Aujourd’hui nous avons besoin qu’il n’y ait plus une âme humaine de disponible pour guider l’aveuglement d’un Paul de Tarse. Parce que nous avons besoin, collectivement, mondialement, de l’aveuglement de la lumière du Christ. Nous avons besoin qu’il n’y ait plus un homme pour nous conduire ! Tous aveugles ! Et que dans cet aveuglement béni, ce soit Dieu lui-même qui nous prenne par la main pour nous mener vers Damas. Nous avons besoin qu’au lieu de rester muets de stupeur, nous reconnaissions Celui qui se tient derrière la voix qui nous interpelle aujourd’hui. Nous avons besoin que le Seigneur nous prenne par la main comme des petits enfants et nous mène à notre Damas à nous pour que nous y apprenions, enfin, à vivre les valeurs du Royaume : le saccage de la création, c’est fini ! L’exploitation de l’homme par l’homme, c’est fini ! La croissance sans limite, c’est fini !

Nous sommes à une croisée de chemin à la hauteur des avertissements prophétiques de l’Ancien Testament. Si nous ne changeons pas maintenant, après une telle interpellation prophétique, quand changerons-nous ?

Nous devons apprendre, urgemment, à prendre soin de la nature au milieu de laquelle le Créateur nous a placés. Elle n’est pas nôtre ; nous ne pouvons pas en user et en abuser. Nous en avons la gérance et l’administration, et nous aurons des comptes à rendre de notre travail. Lorsque ce sera mon tour, j’irai la tête et la queue basse. Je n’ai vraiment pas de quoi être fier. Nous n’avons pas de quoi être fiers.

Nous devons apprendre, urgemment, à mettre l’être humain, temple de Dieu, au centre de nos priorités. Je sais que dit comme cela ça crispe, parce que c’est Dieu, évidemment, qui doit être au centre de nos priorités. Evidemment. J’entends la dérive humaniste possible, et elle ne doit pas être nôtre. Il ne s’agit pas de l’humain pour lui-même ; il s’agit de l’humain au regard de notre amour pour Dieu, ce Dieu qui nous dit que le deuxième commandement le plus important, « aime ton prochain comme toi-même », est semblable au premier : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de toute ton âme, de toute ta force, de toute ta pensée ». Ce Dieu qui nous dit que « celui qui dit aimer Dieu qu’il ne voit pas mais n’aime pas son prochain qu’il voit est un menteur ». Aimer l’autre, c’est la voie suprême pour aimer le Dieu de Jésus-Christ. Il ne s’agit pas d’effacer Dieu au profit de l’homme, mais de magnifier Dieu en s’abaissant comme lui l’a fait, en regardant l’autre comme supérieur à nous même et en nous faisant serviteur de tous.

Et finalement, nous devons apprendre, urgemment, à accepter les limites fixées par Dieu dans la Création : dans le jardin d’Eden lui-même, ce lieu de délices et d’harmonie générale, tout n’était pas possible : il y avait un arbre duquel il ne fallait pas toucher le fruit. La Création peut faire face à nos besoins, pas à notre avidité. Cette avidité a causé notre chute, et elle continue de causer notre chute.

Comprendre : qu’est-ce que cela signifie pour nous ?

On ne veut pas le voir, il faut pourtant le voir : c’est de notre mode de vie dont il est question. Nous sommes collectivement vautrés dans le péché et nous, chrétiens, prenons aussi notre part dans cette ignominie. Ou sinon, en quoi différons-nous du monde ? Sommes-nous connus pour notre sobriété ? Notre repentance sera collective et radicale ou ne suffira pas. Un chiffre nous le dit : si tout le monde vivait comme nous, les français, il faudrait les ressources de trois planètes et demie pour satisfaire notre manière de consommer. Si tout le monde vivait comme un américain, c’est 5 planètes qu’il faudrait. Si nous faisons la moyenne de la population mondiale, c’est-à-dire la moyenne entre ceux qui meurent de faim et ceux qui meurent d’obésité, il faudrait à l’heure actuelle deux planètes pour que l’humanité puisse continuer à vivre au même rythme et avec les disparités honteuses, scandaleuses, qu’on lui connaît. Or, qui regarde les pays du tiers-monde en se disant que nous devrions tendre à plus de sobriété ? Non, nous préférons les appeler « les pays en voie de développement » comme si nous étions, nous, les maîtres-étalons du développement à atteindre. Eux doivent croître, c’est vrai. Mais pas pour qu’ils puissent accéder comme nous à une maison avec jardin, piscine, et une maison secondaire vide 10 mois par an. Ils doivent croître pour que leurs besoins fondamentaux puissent être comblés ; et pour les mêmes raisons, nous devons quant à nous décroître et nous contenter de ce dont nous avons besoin.

Dieu n’a donné qu’une planète, et il l’a confiée à nos bons soins. En 2019, le 29 juillet – retenez bien cette date – nous avions déjà consommé l’ensemble des ressources que la planète peut régénérer en un an. C’est-à-dire qu’à partir du 30 juillet, nous avons commencé à vivre du fruit de l’arbre que le Seigneur nous a interdit de toucher. Nous avons dépassé la limite. Et cette tragédie se répète chaque année de plus en plus tôt. Que tous ceux qui se demandent en quoi nous sommes responsables du péché d’Adam réfléchissent à cela. Ce péché, nous le répétons collectivement tous les ans.

Alors ces chiffres nous parlent d’une nécessité de changement drastique. Ils nous parlent d’une repentance nécessaire.

Agir : que faire ?

Je vois au moins deux domaines d’action.

  • Un domaine individuel

Chacun d’entre-nous fera bien d’explorer avec beaucoup de sérieux sa manière de vivre. Ne plus vivre par inertie, ne plus faire ce qu’on fait « parce qu’on en a les moyens », ne plus considérer que la réussite consiste à croître : une maison toujours plus grande, une voiture toujours plus grosse, puis une deuxième maison pour les vacances, puis une piscine et que sais-je encore. La réussite d’une vie ne se mesure pas à ces choses-là ; elle se mesure à l’amour donné. A la qualité de la relation. A la considération que nous avons pour les autres, y compris ceux qui se trouvent à l’autre bout de la planète et qui triment comme des brutes pour que mon t-shirt ne coûte que 2€ et pour que les grandes enseignes s’engraissent dans leur quasi monopole. Prenons les décisions qui nous permettront de ne plus nourrir ce système là. Réfléchissons à nos besoins, et vivons en adéquation avec eux plutôt qu’avec nos envies. Si nous sommes honnêtes, nous devrons considérer qu’ils se réduisent à peau de chagrin : du temps pour Dieu ; un toit, dans un cadre paisible, suffisant pour loger notre famille ; de la nourriture saine ; et de belles relations.

Réfléchissons à notre travail, à ce qu’il produit, à ce qu’il génère : participe-t-il à la bonne administration de la création ? Participe-t-il à relever mon prochain ?

Réfléchissons à notre argent. Oui, réfléchissons à notre argent. Savez-vous quelle est la principale source de pollution des foyers en France ? C’est l’épargne. Parce que pendant que nous nous essayons au zéro déchet ou que nous coupons l’eau pour nous laver les dents, les banques finances les plus gros pollueurs de la planète avec notre épargne. Si vous avez une épargne, l’acte le plus écolo que vous puissiez faire est aussi le plus facile : placer votre épargne dans une banque éthique ! Evidemment, le rendement n’est pas le même… entre Dieu et mammon, il faut choisir.

  • Un domaine collectif

Réfléchir individuellement, et ajouter l’action à notre réflexion, serait un premier pas. Mais comme Eglise, ce serait dommage d’en rester là. D’abord, nous pouvons agir collectivement. Par exemple, nous pourrions nous associer au Label « Eglise Verte », un outil à destination des Églises qui veulent s’engager pour le soin de la création. Cet outil nous aide à entrer dans une démarche de préservation de la création en adoptant des habitudes nouvelles. Nous pourrions aussi, au-delà du vestiaire social qui vient à la rencontre des plus pauvres, devenir des acteurs de solidarité dans le quartier de notre Eglise. Il y a en ce moment même un groupe Facebook des voisins de Lakanal-Strasbourg où émergent des tas d’idées. Certains disent qu’il manque un café autour de la place, d’autres imaginent une épicerie solidaire… pouvons-nous imaginer de nous associer à ces initiatives, puisqu’elles vont dans le bon sens, voire de les générer ?

Enfin, je crois que nous avons un rôle prophétique d’interpellation. Par les actes que nous poserons, d’abord. Mais aussi par nos paroles. A dire vrai, il y a au moins deux choses que je n’aime pas dans le fait de n’insister que sur le domaine d’action individuel :

  • En premier lieu, c’est la manière de faire des plus gros pollueurs. Je voyais encore il y a peu, dans un reportage, un chargé de communication de chez Mac Do expliquer que leurs emballages en plastique ne sont pas le problème : le problème, disait-il, c’est le consommateur qui jette les emballages n’importe où. Je crois que c’est le rôle de l’Eglise de dénoncer ces sophismes éhontés.
  • Ensuite, l’histoire du colibri m’insupporte. L’histoire du colibri, c’est ce conte amérindien popularisé par Pierre Rabhi, qui raconte ceci :

« Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! « 

« Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »

Un bloggeur facétieux de Mediapart a cru bon de lui inventer une fin,[2] « la fin telle qu’on ne nous la raconte pas » : « Au bout de quelques heures, le petit colibri mourut d’épuisement, très fier de lui. Si fier de lui qu’il avait réussi à se construire un ego aussi monumental que l’incendie de forêt qu’il prétendait combattre. Puis la forêt brûla tout entière, comme de juste, jusqu’à la dernière fougère, jusqu’au dernier brin d’herbe. Le colibri n’avait guère quoi être si fier, finalement. »

Et il ajoute : « ne tournons pas autour du pot : l’incendie de forêt, c’est le capitalisme qui a remplacé l’esclavage par la combustion hystérique des énergies carbonées, et c’est surtout la forme la plus virulente dudit capitalisme, la forme actuelle, celle qu’on a appelée « néolibéralisme ». Celle où un petit groupe d’oligarques amassent des fortunes cosmiques en saccageant le milieu dont l’espèce humaine a désespérément besoin pour simplement survivre. »

Dire : entrer dans la dimension prophétique de l’Eglise

Frères et sœurs, « faire sa part » ne suffit pas. Dans l’Ancien Testament, les prophètes interpellaient les Rois, les appelaient à la repentance et les prévenaient des dangers à venir dans le cas où ils poursuivraient dans leurs voies mauvaises. Nous sommes l’Eglise, peuple de Dieu. Nous sommes porteurs du ministère de la réconciliation. Réconciliation entre Dieu et les hommes, mais aussi entre les hommes entre eux (la justice sociale en serait une forme), et réconciliation des hommes avec la création, qu’ils ont piétinée et bafouée à souhait. Nous avons une parole à porter. Si le monde entend la voix de Dieu par le biais de son Eglise, qui sait… qui sait s’il ne se passera pas comme à Ninive ? Peut-être Dieu n’aura-t-il pas besoin d’utiliser un mégaphone plus costaud, plus gros, plus ample, plus parlant que celui qu’il utilise actuellement et qui personnellement me semble bien suffisant pour entendre sa voix.


[1] Lewis, C.S. El problema del dolor. Madrid, Ediciones Rialp, S.A. (sexta edición), 2001. p. 96-97 (traduit en français par mes soins)

[2] https://blogs.mediapart.fr/jean-philippe-gaborieau/blog/020919/la-fin-de-l-histoire-du-colibri (17/04/20)

1 Comment

  1. Bonjour Laurent,

    heureux de constater un renouveau d’activité par ici, même si je me doute que vous n’avez pas cessé d’être actif IRL – d’une autre façon inédite !
    Sinon, concernant la légende du colibri, ll n’a effectivement échappé à personne que les petites gouttes d’eau que le gentil colibri dépose avec son bec n’y font rien, puisqu’à la fin, la forêt brûle…..

    La légende pourrait avoir la suite suivante (imaginée par le mensuel La Décroissance, dans son numéro de février 2014): « alors arriva devant colibri, l’escargot qui lui tint à peu près ce langage : « dis donc colibri, comme disait Héraclite d’Ephèse, il faut mieux éteindre la démesure plus que l’incendie ! ». « Mais qu’est-ce que cela veut dire », demanda le colibri interdit ? « Cela veut dire que les solutions sont certes individuelles, mais aussi collectives, et qu’à le négliger on fait le jeu de l’individualisme forcené qui est justement la cause de l’incendie », répondit l’escargot. « Que faire, alors ? » demanda le colibri. « Eh bien, on pourrait s’arrêter pour réfléchir et ne pas réagir de manière impulsive…et faire appel à tous les animaux, qui pourraient, par exemple, faire la chaîne avec des seaux… » Et sans oublier de prévenir tout risque d’incendie à l’avenir » (J’en parle ici https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2015/12/02/pendant-la-cop21-1-pour-sauver-la-terre-faut-il-esperer-du-developpement-durable-et-raisonner-avec-une-cervelle-de-colibri/ )

    A nous d’écrire la suite !

    Bon courage, avec la force que Dieu vous donne,
    Fraternellement et à bientôt,
    Pep’s

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