Dieu au quotidien

Peu après midi aujourd’hui, je suis sorti pour passer un peu de temps avec Dieu. J’ai commencé à marcher dans le quartier où j’habite et je lui ai exposé un petit souci que je venais de remarquer.

« Seigneur, lui ai-je dit, je te demande pardon, parce que je néglige les signes de ta présence dans ma vie ».

La veille, j’avais en effet entamé la lecture du livre d’Alain Auderset, « rendez-vous dans la forêt ». Alain, on dirait que la création tout entière lui parle de Dieu (il faut dire que la Bible lui donne un peu raison)[1]. Il cause avec Dieu comme tu causes avec ton conjoint. Et du coup, je me suis pris un truc en pleine poire : la présence de Dieu m’est tellement naturelle que je ne m’en émerveille plus vraiment. Je n’y prête plus trop attention, en tout cas plus autant qu’au début (vous savez, quand on tombe amoureux…). Il n’est pourtant pas moins là (bien au contraire, on a emménagé ensemble depuis belle lurette !) mais il est devenu comme « évident » pour moi. Un peu comme s’il faisait partie des meubles. Il est là, il agit, il me nourrit, me guide et me conseille, mais… bien souvent il m’est presque transparent, et du coup… je ne témoigne pas de toutes ces petites choses merveilleuses qu’il fait au quotidien dans ma vie. J’espère bien que je ne fais pas pareil avec ma femme !

Au-delà de ces petites choses, je me suis aussi souvenu qu’il m’en avait fait vivre des vraiment sympas par le passé, en particulier au tout début de ma relation avec lui. Comme cette fois où, à la recherche des Évangiles, un monsieur m’en avait offert trois… avant que Dieu lui-même ne me file le quatrième dans une cabine téléphonique, deux jours plus tard et 5km plus loin ! (Il ne m’avait pas attendu, il l’avait laissé là avant que j’arrive…)

Cette histoire est chouette, c’est sûr, mais elle date un peu… peut-être parce que j’ai toujours pensé que Dieu faisait une grâce spéciale aux jeunes convertis, qu’au fond ce genre de « signes » était un cadeau fait à l’immaturité et que la foi n’en avait pas besoin. Et… pour être franc, c’est pas faux ! (© Perceval) La foi n’en a pas besoin. Ce n’est pas en termes de besoin que les choses se posent, c’est en termes de relation. Je l’ai vu chez Alain, qu’on peut à mon avis difficilement taxer d’immature dans la foi. Derrière son air de ne pas se prendre au sérieux, on voit bien qu’il en a sous le capot. Alors non, nous n’avons pas besoin de signes de la part de Dieu pour croire en lui, mais ces signes montrent le soin particulier qu’il a à notre égard, ils alimentent la relation, ils nous appellent à la louange et à l’adoration, ils encouragent notre prière et notre lecture de sa Parole, tellement vivante. Encore faut-il les voir et les reconnaître comme tels.

Bref, je me suis mis à prier.

« Seigneur, permets que je prenne à nouveau garde à ta présence chaque jour, que j’arrive à en voir les signes tangibles et à m’en émerveiller comme aux premiers jours. Fais que je puisse redevenir un témoin de toi dans les petites choses du quotidien, pas seulement dans les grandes ».

C’est là que mon regard est tombé sur un papier manuscrit déposé sur le pare-brise d’une voiture qui était garée le long du trottoir. Une écriture ronde disait : « Madame, monsieur, j’ai été témoin d’un accrochage sur votre voiture. Un taxi qui devait croiser un camion s’est serré sur le côté et a accroché votre véhicule. J’ai invité le conducteur à prendre contact avec vous. En attendant, voici la compagnie de taxi dont il s’agit… »

Je me suis dit : « Tiens, curieux… », et j’ai passé mon chemin en haussant les épaules. Mais le Seigneur m’a rattrapé par le paletot. J’ai un peu lutté, en mode : « Arrête ton char, tu demandes à reconnaître les signes du Seigneur dans ton quotidien et tu t’accroches au premier truc qui passe ». Mais le Seigneur a insisté. Il m’a dit : « Tu vois, il y a des gens qui, dans une scène tout ce qu’il y a de plus ordinaire, savent être témoin d’une mauvaise nouvelle par soucis de justice. Et bien toi, tu es porteur d’une bonne nouvelle ; alors oui, sois mon témoin au quotidien ».

Si je devais commencer par quelque chose, je dirais ceci : « Autrefois, Dieu a parlé aux ancêtres par les prophètes, et il leur a parlé souvent et de mille manières. Maintenant, en ces jours qui sont les derniers, Dieu nous a parlé par son Fils. » (Hébreux 1.1).

Et bien ce Fils, il a l’air d’avoir pas mal de trucs à dire. En tout cas pour qui ouvre un peu les écoutilles 😉


[1] Romains 1.20 : La puissance sans limites de Dieu et ce qu’il est lui-même sont des réalités qu’on ne voit pas. Mais depuis la création du monde, l’intelligence peut les connaître à travers ce qu’il a fait.

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