Ce Dieu qui me parle

On est mercredi. Le petit déjeuner passé, mon cerveau commence à entrer en ébullition. C’est mon jour de congés et j’attaque la journée en repassant mentalement toutes les choses que je veux faire : faire des yaourts ; écrire pour le blog ; mettre le linge à sécher dans le sèche-linge ; jouer avec mes enfants ; reprendre contact avec les cinq personnes qui m’ont demandé un rendez-vous. Par où commencer ? Spontanément, je pense à allumer l’ordinateur. Mais d’abord, je veux prier. Un bon réflexe, si j’en juge par ce qui s’est passé par la suite.

Je me pose donc dans le canapé. Emmanuel et Gabriel, mes deux garçons de deux ans et demi, jouent dans le salon. Je leur explique que je vais parler un moment avec Dieu. Je ne peux pas me « retirer dans ma chambre pour prier », parce qu’ils auraient tôt fait de grimper sur la table, d’escalader les étagères de la bibliothèque ou d’effeuiller l’unique plante de notre appartement. Je décide donc que « fait vaut mieux que parfait » : je prierai ici, avec eux à côté en train de jouer, avec tout ce que ça peut comporter de difficultés de concentration.

Mais en fait ça se passe plutôt bien, dans la douceur. Dieu s’intègre à notre petite vie. Il est là, je lui parle, parfois effectivement interrompu par l’un de mes petits. Qu’à cela ne tienne, Dieu est patient. Son regard est bienveillant. Nous poursuivons notre échange, et soudain je me rends compte que la situation s’est inversée : ce sont mes enfants qui maintenant sont intégrés à mon temps de prière. Ils ne sont plus une gêne, ils en font partie. Dieu partage notre vie, dans le brouhaha joyeux de mes deux petits bonhommes.

Je rentre en moi-même, pour aller chercher cette parole que Dieu y a déposé. Sa Parole. La mienne je la connais déjà, elle m’enjoint d’allumer l’ordinateur. Elle me le dit par la force de l’habitude : c’est ce que je fais tous les mercredis matin. Mais Jésus, lui, que me dit-il ?

Sa Parole se fait entendre et elle me dit autre chose. Jésus me dit : « repose-toi ».

C’est pourtant vrai. Je suis tellement préoccupé par mon rendement, par « ce qu’il y a à faire » et « ce que je veux faire », que j’ai étouffé cette simple réalité : je suis fatigué et j’ai besoin de repos. Mais la chose va plus loin ; je me rends compte qu’au fond, je ne veux pas me reposer. Je me rends compte que ma volonté est tournée toute entière vers le rendement. Je veux produire. Je veux faire. Je ne veux pas « perdre mon temps » – comme si ce temps était ma propriété. Alors me voilà bien : j’ai voulu entendre la Parole de Dieu, et la voilà qui me confronte. Et si je me repose, comment « ce que j’ai à faire » se fera-t-il ? Non, décidément, cette volonté divine – que je sais pourtant bonne – je ne veux pas l’accomplir. Oui, mais voilà : je suis au pied du mur. « J’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives ! » (Deutéronome 30.19). Le problème avec la prière, c’est que Dieu y parle, vraiment…

C’est d’accord. J’accepte, je cède, je rétrograde sur mes plans. Je m’étire sur ce canapé où j’étais assis. Mes deux petits bouts sont toujours là à jouer, et leurs jeux même semblent s’apaiser. Ils me voient allongé et alors que je leur explique je vais me reposer un peu, en voilà un qui file dans sa chambre et en revient quelques secondes plus tard équipé d’une peluche, d’une tétine et d’une petite couverture. Il me tend l’ensemble, ravi d’agrémenter mon repos des éléments qui lui semblent indispensables à une bonne sieste. Cette délicate attention me touche au cœur. Je me sens accompagné par mes enfants, et donc par le Seigneur.

J’entre dans une douce somnolence ; et je me rends compte à quel point j’apprécie finalement ce temps arrêté. Je suis bien, tout simplement. Mais il y a mieux encore. J’ai la surprise de voir que dans ma tête des choses se mettent en place. Dieu profite de ce temps de repos pour remettre de l’ordre dans le fouillis de mes pensées. Il en profite pour me parler. Ce temps de repos, c’est finalement du temps disponible pour lui. Le psaume 127 me revient en mémoire : « En vain vous levez-vous matin, vous couchez-vous tard, et mangez-vous le pain de douleur ; [Dieu] en donne autant à ses bien-aimés pendant leur sommeil ». Cette parole est vivante.

A mon levé une petite demi-heure plus tard, je suis frais et dispo. Avec mes petits bouts, on joue… à mettre le linge dans le sèche-linge. Ils m’accompagnent aussi tandis que je mets en route la yaourtière. Ensuite, retour au salon où ils se remettent à jouer. J’allume alors l’ordinateur, et l’article de mon blog m’est donné. Il coule de source si je puis dire, cette source de la Parole du Dieu vivant, cette Parole qui était pour moi mais qui, peut-être, est aussi pour vous.

Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas : Que mangerons-nous ? que boirons-nous ? de quoi serons-nous vêtus ? Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin.

Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus. Ne vous inquiétez donc pas du lendemain ; car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine. (Matthieu 6.33-34)

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*