Zéro déchet : constat affligeant et premières pistes

Ah ! J’avais l’air malin, en pyjama dans la rue, en train d’essayer de récupérer la poubelle que ma femme avait jetée quelques heures plus tôt dans le container au pied de l’immeuble. C’est que cette poubelle-ci, mesdames et messieurs, je n’avais pas eu le temps de la peser. Hors de question qu’elle m’échappe et fausse ainsi mes calculs. Car oui, je pèse mes poubelles et ça fait plusieurs semaines que ça dure. J’en vois qui rigolent au fond et vous avez raison, c’est bizarre. Surtout quand je me retrouve sur le pèse personne, la poubelle dans les bras, sous le regard médusé de ma chère et tendre qui n’en croit pas ses yeux. Néanmoins, l’expérience ne manque pas d’intérêt et je vous garantis que vous gagneriez beaucoup à faire de même.

Il y a un mois, je vous parlais de mon affolement devant la quantité de nos poubelles. S’affoler c’est bien, mais ça ne suffit pas : il faut encore constater les dégâts de façon objective. Parce qu’au fond c’est quoi, la « quantité de nos poubelles » ? Pour en avoir le cœur net, une seule solution : les peser. Je m’y suis donc attelé, et chez nous le résultat est à peine croyable. Ce n’était pas une vue de l’esprit, c’est effectivement épouvantable. Jugez plutôt : 28kg de déchets en une semaine ! Faites le calcul sur un an, et pleurez avec moi. Près d’une tonne et demie. Une tonne et demie de déchets, chaque année ! Au secours. C’est quasiment deux fois le poids de ma voiture.

Alors bon, on se console comme on peut : il parait qu’environ 20% des déchets sont recyclés. Mais d’abord, tout bien pesé (au sens propre) c’est déjà peu. Et en plus, il se trouve que chez nous, en fait, c’est moins que ça pour deux raisons principales : preum’s, on a des jumeaux encore porteurs de couches (pas lavables, of course) ; je vous dis pas comme ça plombe le pourcentage. Et deuz’, on est très optimistes sur le tri : beaucoup de déchets qu’on croyait recyclables ne le sont pas en réalité (arrêtez de rire comme des baleines : si vous ne vous êtes pas renseignés un peu sérieusement sur la question du tri il en est probablement de même pour vous…). Bref, bilan des courses on a à la louche 25 ou 26kg de déchets chaque semaine qui vont finir enfouis ou incinérés. Et ça c’est dans le meilleur des cas, parce qu’en fait on sait qu’une partie de ces déchets va se perdre en chemin pour se retrouver dans la flotte et donc, à terme, dans la mer. Et donc dans les poissons. Et donc dans notre assiette. Beurk.

Mettre le nez dans ses déchets c’est finalement entrer dans un monde surréaliste et complètement aberrant, insoutenable. Ce monde c’est le nôtre, celui que l’on a bâtit en occident. Dans le monde du déchet, le véritable fléau c’est le plastique. D’abord parce qu’on en produit des quantités incroyables. Ensuite, parce qu’il est bien souvent non recyclable. Et enfin, parce que même quand il est recyclable, il ne l’est… qu’une seule fois ! Donc tout le plastique que vous voyez va forcément finir, à terme, ou enfoui, ou incinéré, ou dans le bedon d’un poisson. Beurk, beurk et rebeurk.

Avec cette info en tête, votre vision du monde change quelque peu. Les grands magasins deviennent à vos yeux de gigantesques poubelles en sursis. Faites le test : donnez-vous pour défi, la prochaine fois que vous irez faire les courses, de ne rien ramener qui contienne du plastique. L’ampleur des dégâts va s’étaler devant vous dans toute sa splendeur. Au drive où je me rends, même les fruits et légumes sont sous plastique ! Et si vous ne voulez pas attendre de faire vos courses pour vous faire peur, ouvrez simplement vos placards de cuisine, regardez les jouets de vos gosses, jetez un œil à vos étagères : eh oui, il y a du plastoc partout, de la brosse à dent à la brosse à WC en passant par tout ce qui va de l’un à l’autre… (elle est classe cette image, non ?).

Bon, alors depuis un mois, à force de farfouiller à droite et à gauche j’ai découvert des tas de choses toutes plus intéressantes les unes que les autres. Tellement d’ailleurs que je me demande si ce blog ne va pas se faire phagocyter par les articles liés au zéro déchet, quittant ainsi assez largement la ligne éditoriale que je m’étais fixée au départ (en même temps on n’est pas sur Le Monde, je fais ce que je veux, n’est-ce pas ?). Je vous livrerai mes découvertes petit à petit. Pour aujourd’hui je me contenterai de vous proposer quelques sites internet bien utiles :

  • Tout d’abord, bien sûr, le blog de la Famille (presque) zéro déchet, blog du livre éponyme que j’ai dévoré en quelques soirées et qui regorge d’astuces, de recettes et d’informations on ne peut plus intéressantes et qui sont autant de bons supports à la réflexion. Vous pouvez également retrouver leur groupe Facebook, où les gens échangent des trucs et astuces sur le zéro déchet.
  • Ensuite, si vous êtes en touraine, le blog Camille-se-lance que j’ai déjà mentionné le mois dernier et qui a l’avantage d’être un blog du coin. Je suis donc assuré que ce qui est proposé par Camille est réalisable pour moi aussi : si elle trouve où se fournir, c’est que je trouverai aussi à coup sûr. Vous pouvez compléter par le groupe Facebook « zéro déchet à Tours » ainsi que par cette carte des lieux tourangeaux utiles dans une démarche zéro déchet.
  • Finalement, je ne résiste pas au plaisir de mentionner un site incroyable : celui du Grand Ménage de Raffa, que j’ai découvert il y a des années. Il date un peu (les dernières publications sont de 2009), mais le contenu reste on ne peut plus pertinent et surtout… absolument passionnant ! Il faut dire que Raffa cumule deux qualités qui, conjointement, rendent son site génial : elle est non seulement écologiste, mais aussi biologiste. C’est-à-dire que non seulement elle donne, comme beaucoup d’autres, des recettes pour confectionner soi-même ses produits de ménage et d’hygiène, mais en plus elle fait précéder cela d’un cours magistral sur la façon dont les produits du commerce fonctionnent et pourquoi, donc, elle propose autre chose. C’est passionnant ! Et si lire sur écran vous fatigue les yeux, vous pouvez retrouver ses recettes dans le petit bouquin qu’elle a publié. Elle le vend, mais il est aussi téléchargeable gratuitement. Elle est pas belle, la vie ?

Allez… avec ça, vous avez déjà de quoi lire pour deux ou trois mois. Bonne découverte !

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*