Ma poubelle, mon vélo, la planète.

Papa, maman, et trois enfants : cela vous paraîtra peut-être anecdotique, mais cela fait plusieurs semaines que je suis affolé par la taille de nos poubelles. Je n’en reviens pas de la vitesse à laquelle elles se remplissent. J’ai l’impression de les voir toujours pleines, voire débordantes. Et je me dis : « c’est pas possible. C’est trop ». Mais vraiment. Ce n’est pas seulement qu’on est cinq, c’est aussi qu’il y a trop de plastique, trop de métal, trop de cartons, trop de tout autour des produits dont nous avons besoin. Donc c’est vraiment trop.

Vous me direz : « c’est quoi le rapport avec la foi, ton histoire de poubelle ? ». Je vous la fais courte : Dieu nous a confié cette planète. Il a fait de nous les administrateurs de sa Création. Il y aurait matière à une réflexion théologique – et qui sait, peut-être que l’envie m’en prendra un jour – mais là on va dire que vous êtes d’accord avec moi. Du coup je vais être dans le pratique. Alors si la question écologique ne vous intéresse pas, passez votre chemin parce que je me prépare à vous ennuyer. Sinon, vous êtes chaleureusement invité à me suivre dans la démarche, commenter, partager vos idées… et plus elles seront pratiques, mieux ce sera.

Bref, j’arrête mon blabla introductif et je vous plante le décor. Il y a quelques années déjà, j’avais entrepris de revoir mon mode de consommation à la baisse. J’avais plutôt bien avancé d’ailleurs. A force de petits gestes j’avais à moi tout seul réduit la consommation d’eau de la famille de 30% (et oui, quand même ! Et nous n’étions que trois à l’époque !). J’avais également fait des efforts intéressants sur la conso électrique avec des petits trucs tout simples. Et puis j’avais dit adieu aux rasoirs jetables et je fabriquais avec mes p’tites mains mon propre gel douche/champoing (et même la lessive !). Je ne m’en portais pas plus mal, et la planète s’en portait bien mieux, c’est sûr. Sans compter que mes yaourts maison (sans yaourtière, s’il vous plait) étaient à se rouler par terre tellement ils étaient bons.

Mais là, le drame est survenu. J’ai tenu un temps, et puis… et puis… ben je ne sais pas. Les mauvaises habitudes ont repris le dessus au bout de plusieurs mois d’efforts louables. Hop là, comme ça, sans prévenir. Pourtant je les aimais bien, mes petits gestes : autant de petites victoires remportées une à une sur la société de consommation. Mais j’ai lâché. En bonne partie, je le sais, parce que tout cela prenait évidemment du temps. Moins que Facebook quand même – incohérence quand tu nous tiens – mais plus que d’acheter des trucs tout faits au Drive. Ah, le drive !

Mais bing ! Re-drame (dans l’autre sens). Il y a un peu plus d’un mois un truc bizarre m’est arrivé. Figurez-vous qu’en plein mois de février j’ai soudainement eu l’envie de faire mes déplacements quotidiens à vélo. Qui l’eut cru ? Non parce que sachez-le : je suis un type qui, entre ses 11 et ses 14 ans, a coché chaque jour du calendrier tel le bagnard comptant les jours avant sa libération. Parce que 14 ans, c’est l’âge du premier tour de roue en mobylette. C’est l’adieu au vélo et à tout mode de déplacement impliquant d’avoir mal aux muscles. C’est le début de la prise de bide, quoi. N’empêche que depuis ce jour béni où, enfin, j’ai pu poser mon auguste séant sur mon fier destrier (un 103 MVL), ils ne sont pas nombreux les vélos qui peuvent se vanter de m’avoir trimbalé…

Mais je vous l’ai dit : re-drame. D’un coup, sans raison, le vélo m’est apparu comme un moyen de déplacement intéressant. Je n’avais pourtant pas de fièvre. C’est juste que j’avais bien remarqué, tout de même, que certains de mes trajets étaient absurdes en voiture. J’avais essayé de les faire à pied une fois ou l’autre, mais c’était une trop grande perte de temps. C’est alors que mon regard s’est arrêté sur le vélo de ma femme. Ça faisait des mois que, faute d’avoir un garage ou une cave, il encombrait l’entrée de notre appartement. Des mois que je passais devant en me tortillant quand je revenais des courses parce qu’il occupait la moitié du couloir. Des mois, donc, qu’il m’apparaissait comme un problème à résoudre. Et là, soudainement, je le vois : un beau vélo de ville, avec des p’tites fleurs sur la selle et un panier sur le guidon. Pratique. Au lieu d’être un problème, le voilà qui m’offre une solution.

Alors j’ai essayé, pour voir. Ça fait maintenant un peu plus d’un mois que j’ai commencé à l’utiliser, et bien figurez-vous que ça me plait. Tellement d’ailleurs que je suis frustré d’avoir si peu d’occasion de m’en servir : mes déplacements hebdomadaires sont en fait plus limités que je l’imaginais. Quelle idée, aussi, d’habiter à côté de l’église et de l’école des enfants !

Après le vélo qui est venu réveiller ma conscience, voilà que maintenant c’est les poubelles qui s’y mettent. Pour le coup, celles-ci je ne m’attends pas à les voir un jour autrement que comme un encombrement inutile et, donc, un problème à régler. En fait, depuis plusieurs semaines, à chaque fois que je passe devant elles me parlent (si, si) : « eh, toi ! me disent-elles de leur mauvaise haleine. C’était pas si mal ce que tu faisais il y a quelques années… et si tu t’y remettais tranquillement ? ». Ce travail de conscientisation commencé par le vélo et poursuivi par mes poubelles s’est vu achevé par la découverte fortuite de Camille, qui se lance. Depuis j’ai aussi connu la famille (presque) zéro déchet et tout un monde fabuleux où les incinérateurs n’existent plus (ou presque). Super intéressant.

Tout ça pour dire qu’au fond je le sais bien, que c’est la bonne direction. Alors ok : je reviens dans la course. Et si vous voulez je vous y embarque avec moi. Mais prudemment. Parce qu’en fait, changer ses habitudes ça se fait pas en un jour, ni même en un mois. Je connais une fabuleuse qui dit que « fait vaut mieux que parfait ». Ma paraphrase sera de dire qu’un petit geste bien intégré en faveur de la planète, pas prise de tête et facile à faire à défaut d’être idéal, vaut mieux que trois grandes résolutions mal affermies. Je vais tenter d’aller dans cette direction. Je ne sais pas si j’y arriverai mieux que la première fois mais en tout cas, je vais réessayer. Donc attendez vous à voir passer quelques articles à ce sujet, parce que c’est ma lubie du moment et que j’espère bien la faire durer.

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