Fermeture du Foyer Albert Thomas à Tours

Comme beaucoup, j’ai appris dans la presse la fermeture du Foyer Albert Thomas, qui accueille 36 personnes sans abri. Les circonstances m’ont interpellé : une fermeture décidée en quelques jours, au tout début de l’hiver, en plein milieu des fêtes de Noël. Drôle de cadeau pour les 36 hommes à qui il a été proposé, comme solution transitoire jusqu’au 2 janvier, un « relogement » dans un gymnase.

Ces sinistrés là le sont par décision de justice Cliquez pour tweeter
L’alternative proposée au gymnase Paul Racault

Exactement ce qu’on propose à des sinistrés, sauf que ces sinistrés là le sont par décision de justice. Et le 2 janvier ? Il sera fait à chacun « selon sa situation », et le 115 est notamment évoqué. Je n’y connais rien, mais pour avoir appelé le 115 quelques fois pour des personnes en détresse en plein hiver, il me semble que les places libres se comptent sur les doigts d’une main. Sur les doigts d’un doigt, même. Ok : je n’ai pour ma part JAMAIS obtenu une place au 115 pour quelqu’un. C’est toujours blindé.

Le foyer a semble-t-il terminé l’année avec un déficit situé entre 50000 et 60000 euros, ce qui a justifié la décision de liquidation judiciaire. Une somme importante, mais sans doute pas impossible à combler si on la met en regard au 500000 euros de budget annuel de l’association ou, mieux encore, du budget des collectivités – Mairie, région. Cela ne vaudrait-il pas la peine, pour lesdites collectivités, de débloquer les fonds nécessaires à la pérennité de 36 places au chaud pour l’hiver ?

Alors lundi 26 décembre après-midi, pour essayer d’en savoir plus, je me suis rendu au rassemblement organisé devant le foyer et devant la préfecture. J’ai découvert à cette occasion un foyer récemment rénové, assurant donc un accueil dans des conditions qui sont loin d’être celles d’un gymnase. Je suis un néophyte, avec des questions de néophyte. Par exemple, je me demande pourquoi on ne laisse pas les résidents tranquilles dans le foyer jusqu’au 2 janvier, puisque contrairement à un gymnase il est parfaitement équipé pour assurer un accueil digne.

La réponse, c’est que l’association ayant été dissoute, il n’y a plus de structure juridique légale pour se responsabiliser du lieu en cas d’incident. Qu’à cela ne tienne : les acteurs du foyer ont donc proposé que le lieu soit pris en charge, en urgence, par une autre association. Hélas, la Direction Départementale de la Cohésion Sociale a rejeté la proposition, qui se heurte semble-t-il à des problèmes juridiques.

Je l’ai dit, je suis un néophyte. Mais il me semble que si accueillir des personnes dans un lieu adapté pose davantage de problèmes juridiques que de les accueillir dans un gymnase, alors c’est notre justice qui a un problème.

Des squatteurs, certes, mais des squatteurs au chaud Cliquez pour tweeter

En fin d’après-midi, une réunion s’est tenue entre les résidents et les personnes présentes. Et les résidents ont choisi la seule option sensée : rester dans les lieux. Ce qui fait d’eux, depuis lundi soir à 17h, des squatteurs, certes, mais des squatteurs au chaud. Dans un lieu parfaitement capable de les accueillir.

« L’Eternel votre Dieu […] rend justice à l’orphelin et à la veuve et témoigne son amour à l’étranger en lui assurant le pain et le vêtement. Vous aussi, vous aimerez l’étranger parmi vous, car vous avez été étrangers en Egypte » – Deutéronome 10.17-19

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Crédit photo : magcentre.fr et France Bleu

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