Ces petites frustrations du quotidien

Dimanche dernier, je prêchais sur le thème : « porter un regard divin sur la galère ». J’expliquais en substance que nous pouvons voir la main de Dieu dans nos vies non seulement dans les bons moments, mais aussi dans les moments plus difficiles, les moments frustrants. Parce que, disais-je, si Dieu est souverain – et il l’est – alors pour le chrétien tous les temps sont des temps « kaïros » de Dieu, des temps opportuns que Dieu utilise pour nous faire grandir dans la foi, dans la connaissance de qui il est. Bref : Dieu utilise les situations compliquées de nos vies pour notre sanctification.

Ça, c’était dimanche. Cette nuit, mon fils aîné s’est réveillé à deux heures du matin parce qu’il avait vomi dans son lit. Outre le fait qu’il a fallu, au milieu de la nuit, changer les draps dans l’ambiance que vous pouvez imaginer, j’ai finalement du filer aux urgences avec lui. Rien de grave en fait – pour tout dire je le savais avant d’y aller, mais pas lui et visiblement il avait besoin de l’entendre par quelqu’un d’autre que moi. C’est donc sur les coups de 4h30 que nous avons pu regagner notre lit après une nuit sévèrement écourtée par un petit virus.

Chaque jour, mille manières de se sentir frustré Cliquez pour tweeter

Bien sûr, il y a des choses plus graves à gérer dans une vie, [1] des frustrations plus grandes qu’une nuit écourtée par un virus. Mais ce sont là les petites frustrations du quotidien, celles qui sont à assumer et à vivre chaque jour. Oui, chaque jour il y a mille manières de se sentir frustré : la cafetière qui tombe en panne, le petit dernier qui met trois plombes à s’habiller pour aller à l’école, la tartine qui tombe dans le chocolat, l’embouteillage qui ne vous permet pas d’arriver à l’heure à votre rendez-vous, les 10 centimes qu’il vous manque pour acheter ce que vous vouliez, les clefs que vous avez oublié après avoir descendu 5 étages sans ascenseur… bref, vous m’avez compris et je suis sûr que vous saurez compléter la liste.

La vie est ainsi faite. Ces petites frustrations nous enseignent notre finitude : non, nous ne maîtrisons pas tout. Non, nous ne sommes pas au-dessus de tout. Elles nous enseignent l’humilité : nous ne sommes pas tout puissant, la moindre panne de cafetière nous le rappelle. Elles nous rappellent, finalement, qu’il nous faut apprendre à nous confier en plus grand que nous. Faire confiance à Dieu, en tout temps, en toutes circonstances. Il viendra un temps ou la grande frustration arrivera : qu’en sera-t-il de nous si, dans ces petites contrariétés de tous les jours, nous n’avons pas appris à nous abandonner à plus grand que nous ?

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[1] Alors que je terminais ce billet, j’ai reçu l’appel d’une amie qui a eu un accident de voiture impliquant un piéton dans la soirée d’hier. Plus de peur que de mal, heureusement.

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