[Livre] Tu seras un homme, mon fils (James C. Dobson)

Romanel-sur-Lausanne (Suisse), La Maison de la Bible, 2005. 378 pages.

Dans ce livre, traduit en français par Dominique Macabies de l’original anglais intitulé Bringing Up Boys (édité en 2001 par Tyndale House Publishers), James C. Dobson propose une réflexion poussée et doublée de conseils pratiques sur l’éducation des garçons.

« Des garçons ? vous demanderez-vous. Et pourquoi pas tout simplement des enfants ? »

La deuxième page de l’ouvrage vous éclairera d’emblée :

Au cas où cela vous aurait échappé, les garçons sont bien différents des filles. Pendant de nombreuses générations, cette réalité n’a jamais été remise en question. Tout le monde savait intuitivement que chaque sexe était une espèce bien particulière […].[1]

Dans cet ouvrage, James C. Dobson entend donc s’appliquer à l’éducation particulière des garçons, bien différente selon lui de celle des filles. Un postulat de départ plutôt éloigné de la tendance actuelle sur les questions de genre.

Ce postulat de départ n’est toutefois évidemment pas surprenant quand on connaît le personnage : fondateur de « Focus on the Family » (connue en francophonie sous le nom d’Objectif Famille), ce psychologue de formation défend les valeurs traditionnelles de la famille depuis des décennies. C’est un Républicain, conservateur, et accessoirement l’un des chrétiens évangéliques les plus influents des État-Unis.

L'apport le + intéressant de cet ouvrage est son caractère subversif Click To Tweet

Ses prises de position à mon sens exagérément alarmistes tant sur les questions politiques que sociétales m’obligent à une certaine réserve, pour ne pas dire à une réserve certaine. Néanmoins, l’apport le plus intéressant de son ouvrage est précisément son caractère subversif (défendre les valeurs traditionnelles est devenu subversif !). Il nous oblige à la réflexion. En particulier, à la réflexion sur ce qu’est un garçon, ce qu’est une fille, et l’importance de la construction de l’identité. Que l’on soit d’accord avec lui ou non, James C. Dobson nous contraint de tenter de répondre à la question : qui suis-je, moi, en tant que garçon ? Qu’est-ce que cela signifie, être un garçon ?

Qu'est-ce que cela signifie, être un garçon ? Click To Tweet

Tu seras un homme, mon fils s’étale au long de 17 chapitres d’un style plutôt agréable à lire. Truffé d’anecdotes, il n’en demeure pas moins bien documenté avec de nombreuses notes de bas de page renvoyant à une bibliographie conséquente ainsi qu’à des études et autres données statistiques. Chaque chapitre se termine par des questions pratiques posées par des parents dans le cadre d’Objectif Famille et auxquelles l’auteur prend soin de répondre.

Le premier chapitre décrit un certain nombre de comportements identifiés comme « typiques des garçons » mais il a surtout ceci d’intéressant qu’il fournit l’objectif du livre :

Nous souhaitons aider les parents à élever de « bons » garçons en cette époque postmoderne. Mais notre culture est entrée en guerre contre la famille, et en particulier contre ses membres les plus jeunes et les plus vulnérables […]. Ainsi, la question cruciale qui se pose aux parents est : « Comment conduire nos garçons et nos filles à travers les influences pernicieuses qui les assaillent de tous côtés ? » C’est une question aux implications éternelles.

Notre propos à cet égard est d’aider les parents à « défendre les arrières » dans ce combat qui se joue autour de leurs fils […]. Mais c’est encore insuffisant. Les parents doivent aussi se tenir sur le front, c’est-à-dire profiter des années d’enfance où leurs garçons sont encore malléables pour leur enseigner ce qui leur permettra de développer leur personnalité. Ils disposent d’à peine deux décennies pour transformer leurs garçons immatures et frivoles en hommes honnêtes, serviables, respectueux à l’égard des femmes, qui seront des maris fidèles et loyaux, capables de tenir leurs engagements, des conducteurs forts et déterminés, des employés consciencieux, et des hommes assurés dans leur masculinité. Et bien sûr, le but essentiel des parents chrétiens est de communiquer à chaque enfant la compréhension des Écritures et une consécration indéfectible à Jésus-Christ. Ce dernier point est, à mon avis, la plus haute responsabilité de ceux qui ont reçu la mission de prendre soin d’eux et de pouvoir à leurs besoins.[2]

Les deux chapitres suivants célèbrent la différence garçons / filles, montrent comment cette différence s’est vue contredite à partir des années 60 et la défendent en lui apportent une explication biologique, notamment par le biais des hormones.

Au chapitre 4, intitulé « Esprits blessés », James C. Dobson justifie son choix de traiter en particulier la question de l’éducation des garçons par « une crise sans précédent parmi les hommes et les garçons« . Statistiques à l’appui il montre que les garçons sont dans des difficultés particulières en terme d’échec scolaire, de violence et de mal être, et il tente d’en pointer les causes. Nous arrivons avec ce chapitre à l’une des limites de l’ouvrage de James C. Dobson, puisqu’il traite du contexte américain et que ses réflexions ne sont pas toujours transposables au contexte français.

Les chapitres 5 à 8 traitent des relations entre les garçons et leurs parents. Y sont pointées la fragilisation de la famille et le manque de pères engagés comme les principales causes des problèmes que rencontrent les garçons aujourd’hui. Au chapitre 5, intitulé : « Le père irremplaçable », l’auteur redore quelque peu le blason des papas en développant l’idée selon laquelle leur présence est infiniment importante dans la construction de leur identité masculine. Au chapitre 6 est abordée la relation père / fils et le rôle de modèle du père, le chapitre 7 étant quant à lui consacré à la relation des garçons avec leur mère. Enfin, au chapitre 8 James C. Dobson montre comment notre mode de vie effréné affecte les relations dans la famille.

Le chapitre 9 aborde la question de l’homosexualité et tente d’en définir les causes, puis vient un chapitre sur les familles monoparentales et les grands-parents. Ensuite, deux chapitres viennent réaffirmer l’importance de construire l’identité masculine et montrent la façon dont cette dernière a été malmenée par la révolution sexuelle et le féminisme radical de la fin des années 60.

Le chapitre 13 aborde quant à lui l’école et les difficultés spécifiques qu’y vivent les garçons (en matière de comportement, essentiellement), puis présente au lecteur des alternatives au système scolaire (mais là encore, dans un contexte américain). Le chapitre 14, intitulé : « Prédateurs », nous présente les dangers auxquels font face les garçons, tandis que le chapitre suivant suggère que le meilleur moyen de les protéger consiste à développer une relation de qualité avec eux. Au chapitre 16, James C. Dobson traite la question de la discipline et de l’art de fixer des limites, et termine au chapitre suivant avec « la plus haute priorité » : conduire ses enfants au Seigneur.

Ce livre est disponible à la CLC au prix imbattable de 6,30€. Vous pouvez aussi aller chez Amazon, mais pour une raison tout à fait étrange ils vous le vendent à 11,78€ tout en précisant que le prix d’origine est de 6,30€. Allez comprendre…

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[1] J. Dobson, Tu seras un homme, mon fils, p.10
[2] Ibid, p.18

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