Comment Rachid, ex musulman, a rencontré le Christ en Algérie

Une louange vibrante, prenante, de deux ex-musulmans qui ont rencontré Jésus dans leur pays natal : l’Algérie. Rachid et Omar venaient fraîchement d’arriver à la faculté de théologie de Barcelone où j’ai suivi mes études, et la première fois que je les ai entendus prier à voix haute je dois avouer, avec un peu de honte, que ça m’a fait tout drôle.

Jamais je n’avais entendu adorer Jésus en kabyle et en arabe et du coup, je me suis retrouvé perplexe devant ces accents que j’associais instinctivement à l’islam. Quelque chose en moi oscillait entre l’incrédulité et l’émerveillement devant pareil spectacle. Mais en fait de spectacle, c’était une vraie louange venue des tripes.

Cela fait maintenant plus d’un an que nous nous croisons dans les couloirs du séminaire.[1] J’ai appris à connaître ces deux frères dans la foi, et la ferveur dont ils font preuve dans leur relation avec le Seigneur force mon admiration. Il y a quelques jours, Rachid a eu la gentillesse d’accepter de raconter, pour ce blog, comment il a rencontré Jésus dans le contexte musulman qui était le sien.

Une foi

« Mon arrière grand-père a construit la première mosquée de notre village »

Rachid, pourrais-tu te présenter ?

Je m’appelle Rachid, je suis Algérien, kabyle, berbère, j’ai 32 ans, je suis célibataire…

T’as raison, faut le placer !

Ah oui, faut oser ! Je commence à apprendre ! (rire) [2] Je suis actuellement missionnaire de l’église Algérienne selon la vision du Seigneur pour l’occident et pour toutes les nations. Je suis un ex-musulman qui a rencontré le Seigneur Jésus.

Musulman pratiquant, ou musulman culturel ?

Je ne peux pas dire que je pratiquais l’islam : je n’ai pas eu le temps, parce que j’ai rencontré Jésus à l’âge de 13-14 ans. Mais je suis issu d’une famille très pratiquante, très respectée en milieu musulman et réputée pour sa pratique de l’islam. Mon arrière-grand-père a construit la première mosquée de notre village. Je sais ce qu’est la pratique de l’Islam, je l’ai vue de l’intérieur.

Et dans ce contexte musulman, comment Jésus a-t-il fait son chemin ?

L’histoire commence dans les années 1990 avec ma tante. A l’époque, elle ne se portait pas très bien avec moi. En fait, elle avait tendance à être un peu dure avec tout le monde. Mais un jour, elle a rencontré un homme, un pasteur. A travers lui, le Seigneur a touché son cœur et elle a accepté Jésus dans sa vie.

« Le Seigneur a commencé à travailler en elle… j’ai pu voir la différence ! »

Elle a épousé ce pasteur, et à partir de là le Seigneur a commencé à travailler en elle… et en un temps record, j’ai pu voir la différence ! Et pas seulement moi, toute la famille ! Il y avait quelque chose de nouveau en elle, il y avait une lumière, elle était lumineuse. Et puis il y avait surtout, surtout, ce dont on manquait vraiment : l’amour ! Parce que dans le milieu d’où l’on venait, ils parlaient d’un Dieu de tout, sauf d’un Dieu d’amour. Il n’y avait pas d’amour.

Alors bien sûr, j’ai commencé à m’intéresser. Ça a attiré mon attention. Je me demandais comment un tel changement avait pu arriver dans sa vie. J’ai commencé à m’ouvrir au Christ. Et puis un jour, on a nous a offert un film sur Jésus. En regardant le film je voyais comment cette personne, Jésus, ne faisait que du bien, que de bonnes choses, que de bonnes œuvres, parlait d’amour, de miséricorde et de compassion, et finalement comment, pour cet homme là, rien n’a empêché le pire : ils l’ont crucifié. Mais quand ils le crucifiaient sur la croix, lui disait :

Père, pardonne-leur parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font.

A cet instant, quelque chose de spécial a touché mon cœur. C’est à partir de là que j’ai décidé de le suivre. Je l’ai accepté dans mon cœur comme sauveur personnel.

Et que s’est-il passé ensuite ? Ta vie a-t-elle changé comme celle de ta tante avait changée ?

J’avais accepté le Seigneur Jésus comme Sauveur personnel, mais je n’avais pas eu d’expérience personnelle avec lui. J’étais adolescent et, si je peux me permettre l’expression, j’étais un amateur. J’ai donc vécu mon adolescence sans grands changements dans ma vie.

Et puis, un jour, j’ai du abandonner mes études. Mon père vivait en France, ma famille n’avait pas de ressources, il a fallu que je me mette à travailler. Je suis rentré dans le domaine de l’hôtellerie et de la gastronomie française, et finalement je me suis retrouvé à travailler dans l’un des plus grands hôtels d’Algérie. J’ai rapidement grimpé les échelons et je suis devenu connu dans le milieu.

Je me suis mis à gagner beaucoup d’argent, que je dépensais dans les bars et les discothèques. Je fréquentais les femmes, je buvais beaucoup d’alcool… et je disais que j’étais chrétien ! Ce qui m’encourage un peu, c’est qu’en même temps que je le disais, j’ajoutais : « Mais écoutez, ce n’est pas ce que le Christ me demande de faire. Je suis en train de désobéir… ». Réellement, cette vie là m’a rendu un peu triste.

Finalement j’ai rencontré une fille de qui je suis tombé vraiment amoureux, et je suis parti à l’ouest du pays pour ouvrir mon restaurant personnel. Mais en trois ans les gens ont eu le temps d’apprendre que j’étais chrétien et du coup, pour eux c’était clair : je vendais du porc.

« Le 17ème jour, je décide de me suicider »

Donc à partir de là je ne reçois plus de clients, je perds toute mes économies et en même temps que l’argent s’envole, s’envolent aussi mes amis… je ferme le restaurant, déclare faillite et je me retrouve seul avec mes dettes. Là-dessus mon père décède, et peu de temps après je reçois un appel téléphonique pour m’informer que ma copine est décédée elle aussi, asphyxiée par le gaz.

Je suis donc seul, perdu au milieu de nulle part. Je retourne à la maison, je vends mon matériel et je paye la moitié de mes dettes. Mais il reste l’autre moitié, et les personnes à qui je dois de l’argent sont des personnes un peu dangereuses qui me mettent la pression. Du coup, je retourne chez ma mère et je m’enferme dans ma chambre sans en sortir durant 17 jours. Et le 17ème jour, je décide de me suicider.

C’est là que Jésus est intervenu, d’une façon miraculeuse.

Des actes

Je suis dans ma chambre. J’appelle mon pasteur et je lui dis :

Écoute, si Jésus n’intervient pas, moi je n’en peux plus, je mets fin à ma vie.

Il me demande où je suis, puis il me dit :

Je vais prier pour toi, ne t’inquiète pas.

Il prie… et je m’endors comme un bébé ! Cela faisait 17 jours que je n’avais aucun repos. Je dormais physiquement, mais psychologiquement j’étais à bout. Et là, après sa prière, je m’endors comme un bébé !

« J’avais besoin de voir le Seigneur Jésus, qu’il se révèle à moi »

Le lendemain je me lève, je me rase, et ma maman me voit sortir de ma chambre. Elle était vraiment mal, elle avait perdu mon père et elle pensait qu’elle allait me perdre à mon tour. Mais j’étais bien décidé à aller à l’église et, finalement, j’en trouve une bien vivante dans laquelle je rencontre un homme de Dieu, Samuel Petershmitt – un français. Je lui raconte un peu mon histoire, lui se met à prier pour moi et je décide enfin d’entrer dans une relation personnelle avec le Seigneur Jésus. Parce que j’ai vu, vraiment, sa main puissante dans ma vie. C’est à partir de là que je m’offre tout entier au Seigneur Jésus.

Et que s’est-il passé avec tes dettes et avec la vie que tu menais jusqu’ici ?

Ça a été un nouveau départ dans ma vie. J’avais besoin de voir le Seigneur Jésus, qu’il se révèle à moi, parce que c’est une chose d’entendre parler de lui et ç’en est une autre de le voir. Là, je l’avais vu à l’œuvre.

Donc à partir de là je me retrouve en train de payer mes dettes, d’une manière ou d’une autre. Certains de ceux à qui je dois de l’argent me proposent de les rembourser en travaillant pour eux. D’autres simplement me disent : « Mais écoute Rachid, c’est payé, j’en veux plus de tes dettes » !

Et puis, pour d’autres, certains frères se réunissent, se cotisent alors qu’ils n’ont eux-mêmes que peu de moyens, et m’aident à payer ce que je dois… et moi je vois l’œuvre de Dieu en eux…

« Il a commencé à me libérer, à sa manière, par la puissance de sa Parole »

Mais surtout, je me retrouve libéré de mes chaînes, de mes liens, de la drogue et de l’alcool, du milieu des boites de nuit. Je ne dis pas que ça a été facile, parce que j’avais ma part à faire aussi. Le Seigneur Jésus est puissant, mais il est aussi amour et respectait ma liberté. Il attendait que je lui dise : « Écoute, moi j’en peux plus, j’en veux plus ». Et c’est là qu’il a commencé à me libérer, à sa manière, par la puissance de sa Parole, et par l’aide des frères et sœurs qui priaient et qui intercédaient beaucoup pour moi.

Et voilà. Là je me retrouve libre de mes chaînes, libre de mes liens, tout entier à Jésus, et il n’y a pas meilleur. Il n’y a pas meilleur.

Il n’y a pas meilleur, parce qu’à partir de là je commence à voir la grâce que j’ai, que j’ai eu et que j’aurai toujours : la grâce d’être son enfant, l’enfant de Dieu, aimé, bien chéri, bien traité, pour l’éternité.

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Selon l’Index Mondial de Persécution 2013 édité chaque année par l’ONG Portes Ouvertes, l’Algérie se place au 27ème rang des pays où les chrétiens sont le plus persécutés.[3] Pour en savoir plus sur la situation des chrétiens dans ce pays, vous pouvez visiter le profil pays de l’Algérie.

Notes
[1] Cet article a été publié en premier lieu sur mon ancien blog le 28 février 2013. De l’eau a coulé sous les ponts depuis…
[2] Il a bien eu raison d’apprendre à oser : Rachid n’est plus célibataire 🙂 Il est à présent marié et vit dans le sud de la France avec son épouse.
[3] En 2016, l’Algérie est au 37ème rang de l’index. Ce qui pourrait sembler une bonne nouvelle n’en est pas une : le pays n’a pas rétrogradé grâce à une amélioration de la situation des chrétiens, mais essentiellement à cause de la détérioration du climat dans de nombreux autres pays.

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