Jésus a-t-il vraiment existé ?

Bouddha, nous disent les historiens, aurait vécu au VIème siècle avant Jésus-Christ tandis que Mahomet serait né en 570 : l’Histoire de nos sociétés occidentales est marquée par un « avant » et un « après » Jésus-Christ. Pourtant, de temps en temps, on peut entendre ici ou là une voix qui s’élève pour mettre en doute le fait que Jésus ait existé. Je propose donc de faire un bref rappel des sources historiques qui nous parlent de ce personnage qui a coupé l’Histoire en deux.[1]

Une foi

Des historiens de l’Antiquité parlent de Jésus

Nous pourrions penser, à tort, que les seules sources historiques concernant Jésus-Christ seraient celle du Nouveau Testament. C’est faux. Des historiens de l’Antiquité ont mentionné l’existence de Jésus dans leurs œuvres.

Flavius Josèphe, tout d’abord. Un historien juif né en 37 ou 38 après J.C. Il écrivit, entre autres, « La Guerre des juifs » et les « Antiquités judaïques ». Nous trouvons dans cette dernière oeuvre des mentions concernant Jésus.

La première référence se trouve en Antiquités XVIII 63, 64 :
Vers le même temps vint Jésus, homme sage, si toutefois il faut l’appeler un homme. Car il était un faiseur de miracles et le maître des hommes qui reçoivent avec joie la vérité. Et il attira à lui beaucoup de Juifs et beaucoup de Grecs. C’était le Christ. Et lorsque sur la dénonciation de nos premiers citoyens, Pilate l’eut condamné à la crucifixion, ceux qui l’avaient d’abord chéri ne cessèrent pas de le faire car il leur apparut trois jours après ressuscité, alors que les prophètes divins avaient annoncé cela et mille autres merveilles à son sujet. Et le groupe appelé d’après lui les Chrétiens n’a pas encore disparu.
Le second texte se trouve en Antiquités XX, 200 :
Comme Anan était tel et qu’il croyait avoir une occasion favorable parce que Festus était mort et Albinus encore en route, il réunit un sanhédrin, traduisit devant lui Jacques, frère de Jésus appelé le Christ (47), et certains autres, en les accusant d’avoir transgressé la loi, et il les fit lapider.

Certains historiens considèrent qu’il y a pu avoir une « extrapolation chrétienne » de l’écrit du premier passage, entre autre parce qu’il parait peu probable que Flavius Josèphe ait pu affirmer, lui qui était juif, que Jésus était le Christ sans s’être aussitôt converti au christianisme. C’est possible, mais l’important en ce qui nous concerne ici c’est que l’existence de Jésus est bel et bien attestée à deux reprises.

Tacite, ensuite. Né aux alentours de 57 après J.C., il est l’auteur de deux grandes œuvres historiques de l’Antiquité : les Annales et les Histoires. En Annales XV, 44, il parle des chrétiens en précisant entre autres que « ce nom leur vient de Christ, qui, sous Tibère, fut livré au supplice par le procurateur Ponce Pilate. »

Pline le Jeune, né en 61 après J.C., mentionne également Jésus. Gouverneur impérial, il est l’auteur d’une correspondance avec l’empereur Trajan (Livre X de ses correspondances). Pline fait du sort à réserver aux chrétiens le thème de sa lettre 97. Dans cette lettre on peut voir que les chrétiens louaient Jésus avec des hymnes, et Pline cherche à les obliger à adorer les dieux romains. Ce qui nous laisse entendre, soit dit en passant, que les chrétiens considéraient Jésus comme Dieu puisque Pline voit en lui une concurrence aux dieux romains.

Suétone enfin, né vers 69 ou 70 après J.C., fut responsable de la correspondance de l’empereur Hadrien ce qui lui permit d’avoir accès aux archives impériales. Entre 119 et 122 il écrit une oeuvre intitulée « Vie des douze Césars ». Dans cet ouvrage, il mentionne une mesure de l’empereur Claude consistant à chasser « les juifs qui se soulevaient sans cesse à l’instigation d’un certain Chrestus » (Claude XXV), ce qui concorde avec l’affirmation que l’on trouve dans la Bible en Actes 18.1-2 : « Après cela, Paul partit d’Athènes, et se rendit à Corinthe. Il y trouva un Juif nommé Aquilas, originaire du Pont, récemment arrivé d’Italie avec sa femme Priscille, parce que Claude avait ordonné à tous les Juifs de sortir de Rome.

Les adversaires de Jésus attestent de son existence… et de plus encore

Plus remarquables encore que les écrits des historiens, les sources rabbiniques attestent elles aussi de l’existence de Jésus. Ici, ce sont ses adversaires qui parlent de lui : on ne peut pas les soupçonner de vouloir arranger les affaires des chrétiens.

Ainsi, le Talmud [2] parle non seulement de l’existence de Jésus, mais aussi de ses miracles, de sa prétention à être Dieu et de sa prétention à revenir une deuxième fois. Bien sûr, il dit que les miracles de Jésus sont le fruit de la sorcellerie (Sanh. 107 ; Sota 47b ; J. Hag. II, 2), mais il ne les nie pas. Le Talmud dit aussi que Jésus a séduit Israël et mentionne sa crucifixion la veille de Pâques (Sanh 43 a).

En harmonie avec différents passages des Évangiles, le Talmud affirme également que Jésus s’est proclamé Dieu et même qu’il annonça sa deuxième venue (Yalkut Shimeoni 725). Jésus y est accusé de relativiser la valeur de la Loi, mais l’on voit également que certains de ses enseignements étaient appréciés (Av. Zar. 16b-17a ; T. Julin II, 24).

Le Nouveau Testament

Je le cite en dernier parce que, lorsque nous parlons de l’existence de Jésus certains, sous prétexte de partialité, nous refusent le droit d’utiliser le Nouveau Testament comme source historique. Qu’à cela ne tienne, comme nous l’avons vu il y a suffisamment de sources non chrétiennes pour qu’on se prête au jeu. Néanmoins, il semble bon de rappeler que les textes du Nouveau Testament sont aussi des écrits historiques dignes d’être considérés.

Des actes

Jésus a-t-il existé ? Plusieurs historiens de l’Antiquité le mentionnent dans leurs œuvres, mais surtout les sources rabbiniques attestent de son existence. Et non seulement de son existence, mais encore des miracles qu’il a accompli ! Bien évidemment, si Jésus n’avait pas existé ses opposants n’auraient pas manqué l’occasion de nous le faire savoir. Ils ne le font pas. En fait, nous disposons de plus de sources alternatives pour Jésus que pour n’importe quel autre personnage de l’antiquité.

En tout état de cause, la tentative de nier l’existence de Jésus n’est pas seulement marginale, elle est aussi récente. Et pour cause : essayez de nier l’existence de Jean-Jacques Rousseau, juste pour voir ! En revanche, si vous attendez 2000 ans…

Notes
[1] Cet article a été originellement publié le 9 décembre 2013 sur mon blog précédent, jesusettoi.fr. Il s’inspire très largement du travail de César Vidal, historien espagnol, publié en septembre 2005 sur le site web de Protestante Digital et intitulé : « Jesús en las fuentes históricas no cristianas ».
[2] Le Talmud est une compilation des discussions rabbiniques se rapportant à la législation, à l’éthique, aux coutumes et à l’histoire des Juifs. Sa rédaction a commencé au IIème siècle et s’est terminée aux environs de l’an 500 d.C.

Photo d’illustration : Scuba diver looking at the « Christ of the Abyss » bronze sculpture at John Pennekamp Coral Reef State Park : Key Largo, Florida. (Flickr, the commons)

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